Ma fugue prend fin sur ses quelques sauts.
Les présages de ma jeunesse sont marqués par ce salut caressant la sauvagerie.
Je me recueillais le soir et je voyais ce ressort périlleux du temps qui pouvait s’ouvrir sans limite.
Je ne possédais rien ici.
Aucune vérité.
Mes traits fragiles.
Ce désir ardent, ce désir.
Conquérir l’espace, puiser l’air nécessaire à ma survie, écarter les maladresses du passé.
Ma vie écourtée.
Maladie.
Aime.
Les rênes.
Faire. Errer dans le noir.
Ce qu’il reste, ce que j’ai déjà parcouru.
Encore et encore. J’implore.
Clarté. Le versant de lune.
J’aime avec fougue, de façon éhontée.
Je m’y leurre.
Je ne peux me convertir, espérer l’absolution des peines.
J’attends, ce qu’il me reste.

La beauté, suspens, lèvres.
J’inspire l’éther.
Cette terre fière, frêle, vaste et puissante.
Je ne suis ni un roi ni un homme.
La rive. Couture.
Règne.
Règne.
Je trace mon nom sur le sable.
Ce pays, baptême.
L’épopée, humain.
Sans signe natal, aucune estampe sur ma carcasse.
Aujourd’hui, cerf-volant, justicier.
Nul baptême.
Vivre. Vivre. Mon pays. Hélas.
Disparu.
Mon pays. Je ne le verrai plus.
Je vais mourir. Soumission. Convaincu. Je vais mourir.
Hors. Sortir.
Sans le présage. Vivre.
Soumission. Dans la grâce, au bout de la terre.
Je me mire, l’eau verte.
Territoire dont le ciel constitue le seul attrait qu’il me reste.
Immense.
Unis, encore à tout ce que je suis.
Hors, souverain et muet, face à l’insoutenable, Vie, Humaine.
Dors. Dors. Do. Do.
L’enfant. Miel. Colle. L’enfant.
Vivre.